Les plantes mellifères

Photo Justine Chouinard
La flore mellifère : une nature évolutive 

Entre édifice et béton, Montréal accueille une grande diversité végétale, qu’elle soit cultivée ou sauvage. Les ruelles, les parcs, les friches et les cours constituent autant d’espaces où se déploie une flore qui nourrit les insectes pollinisateurs. L’agriculture urbaine contribue à végétaliser d’autres espaces comme les jardins, les toits et certains balcons. Parmi ces végétaux certains sont « mellifères », c’est-à-dire que leur « nectar est récolté par les abeilles pour élaborer le miel » (Larousse, 2013). 

L’abeille récolte … 

Le nectar est une substance sucrée sécrétée par les glandes (nectaires) de certains végétaux. Il constitue une des bases del’alimentation des abeilles et entre dans la production du miel. Mais ce n’est pas l’ensemble des plantes qui produisent du nectar et, même chez celles qui en produisent, la physionomie de l’abeille ne lui permet pas toujours d’y accéder. 

Pollen récolté par les abeilles (photo Justine Chouinard)Au nectar s’ajoutent d’autres produits collectés par l’abeille et utilisés au profit de la ruche. Le pollen, soit l’ensemble de grains microscopiques fécondant la plante lors de la pollinisation, est l’unique source de protéine des abeilles. Le miellat, qui provient des excrétions de pucerons à partir de la sève sucrée des végétaux est généralement utilisé par les abeilles afin de combler, le manque de nectar disponible pour la production du miel. Finalement, les bourgeons d’arbres feuillus et l’écorce des conifères offrent les meilleures sources de propolis, une matière fabriquée principalement de résines, baumes, huiles essentiels et cires. Il est utilisé pour colmater les brèches de la ruche et pour la prémunir contre des risques sanitaires. 

L’ensemble des produits dont les colonies d’abeilles ont besoin provient donc de la végétation environnant la ruche.  Mais, de quelle quantité de ces produits les abeilles disposent-elles en ville ? 

Potentiel mellifère urbain 

Par « potentiel mellifère urbain », on désigne la quantité de nourriture disponible pour les abeilles en ville. Le calcul de ce potentiel prend en compte les espèces produisant un nectar et un pollen accessibles aux abeilles sur un territoire donné. On estime que l’abeille butine et voyage sur un rayon approximatif de 3 km autour de la ruche. 

Le potentiel mellifère est par nature évolutif. Il varie en fonction des secteurs, des conditions climatiques et des transformations du paysage urbain qui font diverger la flore urbaine en quantité et variété. 

Cultivez des espèces mellifères ! 

Il est possible d’augmenter le potentiel mellifère urbain en cultivant ou en favorisant la croissance « sauvage » de certaines espèces appréciées par l’abeille. Un grand nombre de végétaux (arbres, arbustes et plantes) peuvent être cultivés pour offrir une importante gamme de fleurs aux abeilles tout en produisant des fruits, légumes, fleurs ou propriétés médicinales pour les jardinier-ère-s ! 

Image: lamatrixholografica.wordpress.com
Les variétés peuvent être sélectionnées sur la base de leur apport en nectar et pollen, mais également en fonction de leur période de floraison. Un judicieux agencement de plantes fleurissant à différents moments de la saison ou dont la floraison s’étale sur de longues périodes permet de fournir une source de nourriture continue à nos butineuses.