Apiculture urbaine

Photo Marie-Julie GarneauSaviez-vous qu’à Montréal on dénombrait en 2012 environ 165 ruches, dont les deux tiers sont situés en zone périurbaine. Ses ruchers distribués sur l’ensemble du territoire de l’île de Montréal sont portés par des citoyens, des groupes communautaires, tous apiculteurs urbains qui ont à cœur la biodiversité. Ses ruches représentent une production de plus de 3 tonnes d’un miel exceptionnel. Dans les miels urbains, on trouve des traces de plus de 25 espèces de plantes dont le framboisier, le cerisier de Pennsylvanie, le pommier, le trèfle, mais aussi le Tilleul, la vesce jargeau, la vigne vierge. On y trouve aussi du pollen de nombreuses herbacées telles que le millepertuis et des linaires.

Si l'apiculture n'a jamais vraiment quitté les villes, depuis le milieu des années 2000 on assiste au retour massif de cette pratique dans la plupart des grands centres urbains. Depuis ce temps, de nombreux ruchers urbains voient le jour chaque année. Ainsi, de nombreuses villes comme Paris, New York, Toronto et Londres bourdonnent par la présence de millions d’abeilles sur leur territoire. 

Photo Justine ChouinardPourquoi pratiquer l'apiculture en ville? 

L'apiculture urbaine s'inscrit dans un mouvement mondial pour la sauvegarde de cette espèce si importante à notre agriculture et dont la survie apparaît de plus en plus menacée.  Les butineuses semblent trouver leurs aises dans les écosystèmes urbains qui se caractérisent par une grande diversité de plantes mellifères et une utilisation de pesticides souvent inférieure à ce que l'on observe dans les écosystèmes agricoles. Par leur travail de pollinisation, elles contribuent en contrepartie à la reproduction des végétaux et à l’abondance des récoltes urbaines. 

Mais ce n'est pas tant parce que la ville constitue un refuge pour les abeilles que l'apiculture urbaine peut contribuer à la sauvegarde de cet insecte. C'est surtout parce que cette pratique est une occasion de sensibiliser les populations urbaines aux causes du déclin des abeilles, de rebrancher les urbains à la source de leur alimentation, de transmettre des savoirs en apiculture et de promouvoir la biodiversité. Le tout en produisant du miel! 

Une pratique à développer avec soin

L’apiculture présente donc de multiples bénéfices pour les communautés urbaines, mais certaines précautions méritent d’être considérer pour optimiser ses potentiels et réduire ses risques. 

Ruche au champ des possiblesIl importe notamment d'acquérir les qualifications requises pour assurer un suivi adéquat des colonies d’abeilles et minimiser les risques liés à la pratique (propagation de maladies entre ruchers, comportements agressifs et essaimage). L'apiculture n'est pas une pratique dans laquelle il est suggérer de se lancer sans formation, surtout en milieu urbain!

Par ailleurs, il est difficile de déterminer le nombre de ruches le territoire urbain peut accueillir tout en garantissant un provision de pollen et de nectar suffisant aux besoins des abeilles et autres insectes pollinisateurs. Il semble donc pertinent de développer le "parc" de ruchers montréalais de façon progressive et coordonnée. La carte des ruchers de Montréal est un outil pouvant faciliter cette coordination entre apiculteurs en permettant d'évaluer la densité de ruches par secteur. La coopérative Miel Montréal a également pour mission de travailler à la concertation entre les différents projets. La bonne vieille observation empirique fait également partie de la recette gagnante!

À nous d’agir ! 

L'apiculture urbaine est donc une invitation lancée aux populations urbaines à prendre part au mouvement de sauvegarde des abeilles. Les résidant-e-s des villes peuvent s'engager dans cette cause en développant des projets d'apiculture ou en cultivant une diversité de plantes mellifères dans leurs jardins, plate-bandes, "carrés d'arbre" et jardinières. Mais c'est surtout en invitant les urbain-e-s à questionner globalement les pratiques agricoles et de gestion de l'environnement nuisibles à la santé des abeilles que l'apiculture urbaine est porteuse de changement.