Yoann: Apiculteur urbain


Est-ce que tout le monde peut devenir apiculteur? Après avoir appris la petite histoire de Yoann, gageons que vous en serez convaincu-e-s. Ce jeune ingénieur que ne rien de prédestinait à cette pratique a eu l’audace de se lancer en apiculture en plein centre-ville montréalais.

Avec ses deux ruches, Yoann contribue depuis à préserver la biodiversité et à rendre les jardins de Montréal plus productifs. Il tente aussi de transmettre sa nouvelle passion à son entourage et à communiquer information et réflexions sur l’apiculture urbaine et sur les problèmes environnementaux qui menace la santé des abeilles. La réussite du projet de Yoann démontre qu’il est possible d’intégrer l’apiculture dans la ville en harmonie avec les activités des citadin.e.s.

 

Se lancer dans l’aventure

Pour Yoann, l’élément déclencheur fut la prise de conscience du phénomène de déclin des colonies d’abeilles, abondamment relayé par les médias depuis la fin des années 2000. Il a senti le besoin de s’impliquer et de faire sa part à sa manière. Ce dernier n’a pas eu froid aux yeux et a décidé de se lancer lui-même dans une la pratique de l’apiculture.

Il a toutefois pris le soin de se former rigoureusement de façon à gérer ses ruches de façon sécuritaire et à diminuer les comportements indésirables chez ses abeilles.  Après avoir participé à de nombreux ateliers et rencontré plusieurs passionnés-e-s, il sentit qu’il avait acquis un bagage suffisant pour se plonger dans cette aventure et a démarré sa première ruche sur le toit d’une amie en 2011.

Ses abeilles ne survécurent pas au premier hiver. Mais Yoann, entraîné par sa nouvelle passion, ne se laissa pas abattre et décida de mettre les bouchées doubles!  Il installa deux nouvelles ruches près du jardin hors sol aménagé sur le toit d’un immeuble où habitaient des amis au centre-ville de Montréal.

 

« Il est excellent mon miel ! »

Suite à une analyse des sources de pollen dans son miel, Yoann a appris que son miel est composé d’une dominante de tilleul. Mais plus d’une dizaine d’autres plantes le composent également. Il faut dire qu’il y a une grande diversité de plantes à butiner à Montréal, car notre ville offre aux abeilles un grand choix de jardins, de parcs et d’arbres sur rue. C’est pourquoi Yoann fait remarquer que Montréal est un terreau fertile à l’apiculture. Cette pratique est donc une occasion de mieux connaître la diversité végétale de notre environnement urbain puisque celle-ci se retrouve dans notre miel!

 

« Une pique, l’autre produit du miel »

Yoann a également pris le soin de sensibiliser les résidents de l’immeuble à la cohabitation avec les abeilles. Il leur a donné des petits ateliers, lors desquels, ils ont pu constater la docilité de ses abeilles. Les résident.e.s qui fréquentent la terrasse située sur le toit ont rapidement constaté que les abeilles font plus de miel que de mal!

La vente de miel est une autre façon pour Yoann de transmettre sa passion et ses connaissances sur ses petites butineuses. Suite aux récoltes, son poste de travail au bureau devient un véritable petit kiosque de vente de miel!

Ceci lui permet de faire connaître les produits de son rucher  et de discuter apiculture et santé des abeilles avec certain-e-s des 150 ingénieurs avec lesquels il travaille. Certains de ses collègues ont tellement aimé son miel qu’il a désormais plusieurs fidèles client.e.s dont certain-e-s qui s’intéressent à l’apiculture.

L’histoire de Yoann illustre bien comment, au-delà du travail au rucher, la communication et la sensibilisation font partie des pratiques de l’apiculteur-re urbain-e. D’abord pour rassurer les citadin-e-s sur les possibilités de cohabitation harmonieuse entre populations urbaines et abeilles. Ensuite parce que l’apiculutre urbaine fournit un merveilleux prétexte pour aller plus loin et discuter de la santé des populations d’abeilles, de l’état de l’environnement urbain ou de l’état de l’agriculture en général.


L’apiculture comme tremplin

Avant d’avoir la piqûre de l’apiculture, Yoann ne savait pas que son aventure le mènerait à construire un pont avec une autre de ses passions : la bière. Hé oui! L’apiculteur urbain rêve maintenant de s’établir en milieu rural et d’y faire de l’apiculture en complémentarité avec une culture de houblon, afin d’approvisionner les nombreuses micro-brasseries du Québec. Comme quoi l’agriculture urbaine peut mener loin et être le point de départ pour de grands projets! 

 

Une pratique en croissance sur l’île de Montréal

Si l’île de Montréal comptait seulement une poignée de ruchers en 2007, les projets d’apiculture se multiplient depuis. Si bien qu’au printemps 2013 ce sont près de 200 ruches qui parsèment l’île. Une croissance qui s'inscrit dans une tendance mondiale de développement de l'apiculture en milieu urbain. Le déploiement de la pratique est répertorié en « temps réel » sur le répertoire cartographique des ruchers montréalais (lien).  D’ailleurs si votre projet ne s’y trouve pas nous vous invitons à l’inscrire!

Une coopérative, Miel Montréal, a également vu le jour au printemps 2013 dans le but d’offrir de la formation aux apiculteur-trice-s en herbe, de partager des ressources et de diffuser de l’information sur les bonnes pratiques  et les enjeux apicoles. Miel Montréal se veut également un lieu de convergence et de dialogue entre les différents projets dans le but d’assurer un développement respectueux des capacités d’accueil de notre ville. 

Car si les sources d’alimentation des abeilles (les plantes dites « mellifères »(lien vers page plantes mellifères)) sont diversifiées à Montréal, elle ne sont pas non plus illimitées. Le nombre de ruchers implantés doit donc correspondre aux possibilités de la ville à les nourrir (lien vers page d'accueil de la section apiculture urbaine). L'apiculture urbaine est donc aussi une invitation à reprendre contact avec notre environnement urbain, sa flore et son potentiel de production agricole.