S'occuper d'un rucher

La conduite d’un rucher implique une série d’observations et d’interventions variant au gré de la saison. En voici un bref aperçu.

Photo Marie-Julie GarneauObservation (suivi) du rucher 

Lors des visites au rucher, on examine généralement la composition des cadres de chaque ruche qui sont formés de centaines d’alvéoles en cires, appelées « rayons »., Ceux-ci servent à la fois de garde-manger aux abeilles et de cellules de croissance pour les larves. On dénombre ainsi la quantité de cadres contenant du pollen, du miel, des œufs et des larves. C’est également l’occasion de s’assurer que la reine se porte bien et de vérifier sa ponte. 
  
Prévention des essaimages 

Au fur et à mesure que la colonie d’abeilles se développe, les possibilités d’essaimage s’accroissent. Le terme « essaimage » décrit le moment où les abeilles d’un rucher se divisent en deux groupes, dont l’un part coloniser un nouveau site avec l’ancienne reine et l’autre reste dans la ruche où se développe une nouvelle reine. 

Ce phénomène n’est pas anormal puisqu’il constitue le moyen de reproduction naturelle des colonies d’abeilles. En outre, il ne représente aucun danger pour les humains parce qu’au moment de l’essaimage, les abeilles ne piquent pas. Gorgées de miel, leur unique objectif est de trouver un nouveau site de nidification. Par contre, en ville, il importe de prévenir l’essaimage pour éviter que les abeilles se propagent de manière incontrôlée, qu’elles s’installent en des lieux indésirables ou qu’elles effraient une population pas toujours informée du caractère inoffensif de l’essaim. Par différentes interventions l’apiculteur-trice peut réduire de beaucoup le potentiel d’essaimage. 

La période de l’essaimage s’étale habituellement de mai à juillet.

Contrôle des maladies 

Au Québec, un grand nombre de parasites (varroas, acariose) et maladies (loque amércaine, nosémose) peuvent affecter les colonies d’abeilles et parfois même causer leur mort. Il est donc nécessaire de surveiller et contrôler le développement de ces problèmes pouvant affecter la ruche. Une reconnaissance des symptômes par l’apiculteur-trice, des visites fréquentes du rucher et des traitements (au besoin) constuituent la stratégie de lutte à ces nuisances.

Pour plus de détails sur les maladies et parasites pouvant affecter votre rucher consultez le « Guide de santé de l’abeille », édité par le Centre de recherche apicole en Suisse. 

Pour plus d’information sur la prévention et le traitement du varroa, un parasite particulièrement tenace, le document sur le contrôle de la varroase du MAPAQ  peut être consulté. 

Récolte du miel 

Le miel est une substance sucrée naturelle fabriquée par les abeilles à partir de nectar et de miellat. Il représente une des réserves de nourriture répondant aux besoins de la ruche. L’apiculteur-trice doit donc récolter le miel en s’assurant de respecter la quantité nécessaire aux abeilles. 

Les récoltes peuvent avoir lieu à différents moments de la saison, soit au printemps, à l’été et à l’automne. Une sélection préétablie de cadres de miel est alors retirée de la ruche et « désoperculée ». Ce procédé consiste à enlever la mince couche de cire qui recouvre les rayons. Les cadres sont ensuite déposés dans un extracteur, une machine dont la force centrifuge propulse le miel vers les parois et l’accumule au fond du récipient. Pour finir, le miel est décanté et empoté. 

Nourrissage rucher P.A.U.S.ENourrissage Au printemps, si les réserves de nourriture de la ruche sont très basses, l’apiculteur-trice la nourrit avec un sirop à base d’eau et de sucre blanc (1 part de sucre pour 1 part d’eau). Ce nourrissage aide à stimuler la ponte d’œufs par la reine et à ainsi régénérer la colonie. L’opération est répétée à l’automne, mais cette fois-ci, avec un sirop plus épais (2 parts de sucre pour 1 part d’eau). Ce sirop permet aux abeilles de stocker une quantité de nourriture suffisante et facile à digérer en vue de traverser le long hiver québécois. Ce régime est idéalement complété par du miel printanier, faible en minéraux et donc très digeste, que l’apiculteur-trcie aura conservé à cette fin. 
 
Hibernation 

L’hibernation consiste à préparer les ruches en vue de l’hiver. Cette opération implique de rassembler plusieurs ruches ensemble et de les emballer d’une membrane isolante. Le but est de permettre aux abeilles de conserver un maximum de chaleur, tout en gardant une bonne aération pour éviter les risques de condensation. 

Tout au long de l’hiver, il faut aussi s’assurer que l’entrée des ruches reste dégagée de neige.  Lorsqu’on les visite, pourquoi ne pas en profiter pour tendre l’oreille et vérifier si les abeilles bourdonnent toujours ? 

En mars, on assiste aux vols de propreté des abeilles. Ces dernières profitent des premières hausses de température pour prendre leur envol et se nettoyer l’intestin. Lorsque la température se stabilise entre 7 et 10 degrés Celsius pour une période d’au moins 5 jours subséquents, cela indique qu’il est temps de déballer les ruches et de faire une première évaluation rapide sur leur état de santé. Et voilà le début d’une nouvelle saison apicole qui s’enclenche !