PAUSE, un projet au coeur d'un campus universitaire

Depuis 2011, le projet «Production agricole urbaine soutenable et écologique» de l’Université de Montréal oeuvre au coeur du campus. Le but est d’offrir un lieu d’apprentissage, des outils pour pratiquer l’agriculture urbaine et un espace de sensibilisation pour la communauté universitaire, et pour les gens du quartier qui souhaitent s’impliquer. En effet, les jardiniers bénévoles y vivent souvent leurs premières expériences en agriculture urbaine, ce qui démontre que le besoin d’intégrer cette pratique au sein de l’université est réel.


Un campus plus «vert»et une communauté plus impliquée

L’inspiration est partie d’un intérêt commun sur la situation des abeilles et de l’approche écosystémique de l’apiculture. C’est à la suite d'un projet scolaire que 4 étudiants ont relevé le manque flagrant d’initiatives en agriculture urbaine sur le campus. P.A.U.S.E. s’inscrit alors dans le programme pour la biodiversité sur le campus de l’Université de Montréal. L’objectif est aussi de permettre la création d’un réseau par la tenue d’activités de sensibilisation et d’éducation auprès des étudiants, des employés et des habitants du quartier.

Pour arriver à concrétiser ce projet, il a fallu plusieurs démarches auprès des instances universitaires et des demandes de subventions auprès du Fonds d'amélioration de la vie étudiante (FAVE), de la Fédération des associations étudiantes du campus de l'Université de Montréal (FAÉCUM) et de l’Association québécoise pour la promotion de l'éducation relative à l'environnement (AQPERE), qui s’occupe ici de l’aspect éducatif et de la recherche de bénévoles. Le matériel et l’équipement pour constituer les différents jardins sont en général récupérés sur le campus. L’organisation générale des 800 m2 de jardins répandus un peu partout sur le campus est assez organique et va selon les besoins du moment, les bénévoles disponibles et l’intérêt de ceux-ci. Comme plusieurs des jardiniers sont novices, beaucoup de temps est attribué à leur formation et l’enseignement des pratiques en agriculture urbaine.

Se réapproprier l’espace

L’idée est de proposer une alternative au système alimentaire actuel en montrant aux usagers qu’il est possible de contrôler la provenance de la nourriture et de reconquérir leur territoire, soit le campus dans ce cas-ci. C’est pourquoi tous les membres de la communauté universitaire sont invités à participer, ainsi que les citoyens, pour apporter leur soutien au mouvement en agriculture urbaine. Les différentes activités données encouragent le développement du programme pour la biodiversité du campus, que ce soit par des ateliers d’apiculture mensuels, des animations entre autres pour les camps de jour du CEPSUM ou par des ateliers de sensibilisation auprès de la population en général.

Conjuguer créativité et bureaucratie

Le succès de P.A.U.S.E. est principalement dû aux connaissances du domaine administratif des étudiants porteurs du projet, ce qui a facilité les démarches auprès de l’Université. L’équipe est particulièrement fière de l’étendue des jardins, qui se retrouvent un peu partout sur le campus, plutôt qu’à un seul endroit. Ce détail fait en sorte de donner plus de visibilité au projet, ce qui attire des gens de différents domaines et disciplines et leur permet de vivre une première expérience en agriculture urbaine.

P.A.U.S.E. fait partie des initiatives qui encouragent l’intégration de l’agriculture urbaine et la préservation de la biodiversité en ville et sur le campus, au même titre que le projet du Corridor Darlington et S.A.U.F.A. de la faculté d’aménagement. Un principal défi pour le moment est de réussir à bâtir une organisation solide, par exemple en formant des comités pour les différents aspects du projet. De plus, l’engagement des responsables est une difficulté rencontrée, étant donné leur statut d’étudiant et ainsi implication souvent éphémère. Le maillage académique est aussi souvent source de conflits par la mauvaise communication entre les instances et par les limitations dans la créativité des interventions.

Petit conseil…

Pour arriver à mettre sur pied un tel projet, Alexandre Beaudoin, un des porteurs du projet, insiste sur le fait de se questionner, à savoir quels sont les besoins à combler, pourquoi ce projet est pertinent, qu’est-ce qu’il amène. Avant de démarrer, il est aussi important de faire le point sur les connaissances déjà acquises et les forces présentes dans l‘équipe pour mettre de l’énergie sur les faiblesses à travailler. 

Informations

P.A.U.S.E.
Début : 2011
Porteurs en 2016 : Alexandre Beaudoin et François-Xavier Dessureault