Plus de 800 000 agriculteurs urbains sur l’île de Montréal !

Montréal Développement durable Plus qu’un effet de mode, l’agriculture urbaine est réellement implantée dans le quotidien des Montréalais. Selon un sondage BIP réalisé en 2013, 42 % des habitants de l’ile de Montréal pratiquent l’agriculture urbaine, avec une population approchant les 2 millions : cela fait plus de 800 000 personnes qui cultivent des fruits, légumes ou fines herbes à Montréal ! Cour arrière, balcon, façade, toit, jardin collectif, jardin communautaire…, les lieux où jardiner sont multiples dans une ville, pourtant 90% des agriculteurs urbains de l’île ne font pousser des plantes que dans un seul lieu. 63% d’entre eux utilisent leur cour arrière alors que 34% cultivent sur leur balcon et seulement 8% pratiquent l’agriculture urbaine au sein d’un jardin collectif ou communautaire.

C’est dans le centre de Montréal que les jardins collectifs (12%) et les balcons (43%) sont le plus utilisés. De plus, le balcon est plus un lieu de culture pour les débutants en agriculture urbaine alors qu’avec l’expérience les cultures se concentrent dans  les cours arrières des bâtiments. Les locataires cultivent en majorité sur leur balcon (54%) alors que 74% des propriétaires cultivent dans leur cour arrière. L’agriculture urbaine est par ailleurs bien plus présente chez les propriétaires que chez les locataires : 55% des propriétaires interrogés pratiquent l’agriculture urbaine contre seulement 33% des locataires interrogés.

Bien sûr, la production urbaine reste estivale et en petite quantité, nous sommes bien loin de l’autosuffisance puisque plus de la moitié des personnes pratiquant l’agriculture urbaine (55%) déclare produire moins de 10% de leurs besoins en légumes, fruits et fines herbes pendant l’été et seulement 10% produisent plus de 50% de leur consommation estivale. Le nombre d’espèces cultivés est corrélé aux lieux de culture et donc aux surfaces associées ainsi le sondage montre que sur l’île de Montréal la diversité de légumes/fruits/fines herbes est plus grande dans un jardin collectif ou communautaire (47% des personnes cultivant dans un jardin collectif ou communautaire font pousser plus de 9 espèces) que dans une cour ou sur un balcon (avec respectivement seulement 20 et 5% des jardiniers urbains qui font pousser plus de 9 espèces). Pour en savoir plus sur la productivité en agriculture urbaine, consultez cette étude issue d’une recherche terrain à Montréal et cet autre article plus spécifique aux jardins collectifs de Montréal et Paris.

Si le compostage, le recyclage des eaux de pluies et le partages des surplus de semis et de récolte sont des « bonnes » pratiques à associer à la culture de végétaux en ville, elles sont pourtant encore peu utilisées à Montréal. Avec seulement un peu plus de 20% de personnes qui récupèrent l’eau ou compostent on peut dire que l'agriculture urbaine ne permet pas encore l'écologisation de la ville. Il est intéressant de noter que ces pratiques sont plus présentes chez les agriculteurs urbains avec de l’expérience. Ainsi, 32% des personnes qui pratiquent l’agriculture urbaine depuis plus de 10 ans compostent contre seulement 14% des personnes la pratiquant depuis moins de 5 ans.

42% des Montréalais sont des agriculteurs urbains, il reste alors 58% des Montréalais à convaincre ! Quelles sont les raisons de la non pratique de l’agriculture urbaine? 48% répondent le manque d’espace et 33% le manque de temps viennent ensuite pour 14% le manque d’intérêt et le manque de connaissance pour 5%. Le manque d’espace ressort plus dans les secteurs centre et Ouest qu’à l’Est de Montréal. Des résultats qui révèlent un des leviers d’actions pour le développement de l’agriculture urbaine à Montréal : faire connaître les différentes possibilités pour jardiner en ville sans accès à une cour privée.

Plus de 128 hectares d’initiatives d’agriculture urbaine sont recensées à ce jour sur la carte du portail de l’agriculture urbaine à Montréal. Pour faire monter ce compteur, participez et inscrivez à votre tour votre initiative d’agriculture urbaine sur la carte !

Pauline Mouly, Laboratoire sur l'agriculture urbaine (AU/LAB)