Les abeilles et poules pondeuses font leur entrée à Gatineau - la ville innove avec son programme d’agriculture urbaine

Illustration tirée du document d’information sur le programme d’agriculture urbaine de Gatineau. Projetez-vous en 2051. Imaginez une ville où les citoyens peuvent tous se nourrir avec des aliments cultivés à proximité. Une ville où l’agriculture urbaine intègre les cycles de production alimentaire et où se développent les aides financières encourageants la création d’espaces verts comestibles. Utopique ? C’est pourtant la vision de la ville de Gatineau qui, en 2016, dévoilait son programme d’agriculture urbaine et posait ainsi la première pierre d’un vrai changement pour ses citoyens. Mais Gatineau n’est pas seule à s’engager sur cette voie… Laval, Longueuil, Québec, Sherbrooke, Victoriaville ou encore Saguenay s’inscrivent aussi dans le mouvement. Au fil des prochains mois nous sortirons de Montréal pour une série d’articles consacrés aux différents programmes d’agriculture urbaine au Québec. En route pour Gatineau !

Les abeilles et poules pondeuses font leur entrée à Gatineau


Un projet pilote lancé le 14 février s’attache à développer les petits élevages de poules pondeuses et d’abeilles en ville. « Ce projet pilote découle de l'intérêt croissant des citoyens pour l'agriculture urbaine. Cette initiative sera enrichissante pour notre communauté. Gatineau se veut aussi innovante avec ce projet pilote tout en préservant la sauvegarde des abeilles en milieu urbain, a déclaré le maire de Gatineau, M. Maxime Pedneaud-Jobin. Cette démarche s'inscrit parmi les orientations du programme du conseil municipal visant à offrir une Ville verte, active et en santé. »

La question de la sécurité a été fortement prise en compte car les élevages mal encadrés peuvent amener leurs lots d’inconvénients : odeurs, bruits, allergies, problèmes de salubrité, cruauté animale, etc. La ville de Gatineau entend donc rassurer la population en offrant un cadre sécurisé à ce projet. 

C’est ainsi que courant 2017, 50 citoyens ou organismes recevront une autorisation pour démarrer l’élevage de trois poules pondeuses sur une propriété privée ou récréative. Des frais de 30 $ accompagneront la délivrance de la licence.

De même, avant de se lancer dans l’apiculture urbaine il faudra obtenir une licence auprès de l’organisme Apicentris, mandaté par la ville de Gatineau. En tout, ce seront 15 citoyens et organismes de la ville qui pourront faire partie de ce projet pilote. Besoin d’une formation ? L’organisme Apicentris organisera des formations sur l’apiculture. N’hésitez pas à les contacter !

La ville de Gatineau innove avec un programme intégré en agriculture urbaine


En avril 2016, la ville de Gatineau dévoilait son programme d’agriculture urbaine traitant essentiellement du développement des jardins communautaires et collectifs, d’aménagements comestibles et de petits élevages domestiques. L’objectif est clair : offrir plus de liberté et d’espace aux citoyens qui souhaitent cultiver !

À l’écoute des organismes et des citoyens


Pour élaborer son programme, la ville de Gatineau est allée à la pêche aux informations. Comment ? Par un premier atelier de travail avec les organismes communautaires en 2012 dans le cadre de la révision du schéma d’aménagement et de développement (SADR). Puis, en 2015, par une consultation publique en ligne effectuée auprès de plus de 500 personnes (dont les résultats peuvent être trouvés sur le site de la ville). Les Gatinois se sont exprimés sur des thématiques comme les jardins communautaires et collectifs, les aménagements comestibles, les petits élevages urbains et les projets éducatifs. Les résultats sont sans appel : 90% d’entre eux se montrent très positifs pour chacune des questions posées. Ils encouragent d’ailleurs la ville à poursuivre ses efforts en matière de sensibilisation et d’éducation !

Cinq axes de développement


Suite au sondage de la population Gatinoise, le Service des Loisirs, des Sports et du Développement des Communautés (SLSDC) de Gatineau a mis en place un premier programme pour la période 2016-2018. Celui-ci est réparti en cinq grands axes :

  • Promouvoir l’agriculture urbaine et ses artisans. L’agriculture est encore trop méconnue de la population gatinoise. C’est pour cette raison que la ville désire informer davantage et mettre en avant les initiatives portées par sa communauté.
  • Multiplier les occasions d’apprentissage. En augmentant le nombre d’ateliers et en les adaptant à tous les niveaux de connaissance, la ville souhaite éduquer la population aux méthodes de culture en ville. 
  • Mobiliser la collectivité gatinoise. En mettant sur pied un espace de rencontre, la ville souhaite que les intervenants et citoyens concernés par l’agriculture urbaine puissent échanger et développer des partenariats productifs et durables.
  • Faciliter la pratique pour tous les citoyens. En dehors du manque d’espaces cultivables à proximité du lieu de vie, c’est la réglementation et la lourdeur des procédures administratives qui constituent parfois un frein pour ceux qui souhaitent se lancer. La ville souhaite donc simplifier ces démarches et mettre en place un environnement favorable pour les porteurs de projets.
  • Contribuer activement au développement durable de la collectivité. Grâce à la mise en place de tous ces nouveaux aménagements, la ville espère devenir une ville plus verte, plus comestible et plus solidaire.

Quelques projets concrets


En 2017, la ville soutient plusieurs projets citoyens ou proposés par des organismes de la ville. Par exemple, le Regroupement des Cuisines Collectives de Gatineau installera en cinq endroits de la ville de grands bacs de jardinage pour y cultiver des fruit et légumes qu’ils pourront ensuite cuisiner. 

D’autres zones cultivables vont fleurir dans deux quartiers de la ville : des bacs en marge des trottoirs et dans des parcs seront aménagés en espaces comestibles dans le quartier du Vieux Gatineau et le quartier Wright. La gestion de ces espaces sera confiée respectivement au Comité de vie de quartier du Vieux-Gatineau et à l’organisme Action-Quartiers.

Pour que les citoyens s’approprient ces espaces et apprennent à cultiver leur ville, des sessions de formations horticoles seront organisées par la Coopérative Bioéquitable de l’Outaouais et l’organisme Enviro Educ’Action.

Contagieuse, l’agriculture urbaine ?


Si Montréal a su inspirer plusieurs villes par le passé, c’est Gatineau qui pourrait aujourd’hui en inspirer d’autres avec son programme. Pour Éric Duchemin, professeur associé à l'Institut des sciences de l'environnement de l'Université du Québec à Montréal (UQAM), "la démarche intégrée menée par la ville de Gatineau montre la voie aux municipalités québécoises, qui s'impliquent de plus en plus dans le mouvement de l'agriculture urbaine".  

Informations


Pour plus d’informations sur le programme d’agriculture urbaine de la ville de Gatineau, n’hésitez pas à consulter le site de la ville de Gatineau à la section “agriculture urbaine".

Vous êtes citoyennes ou citoyens de Gatineau et vous êtes Intéressés.es à avoir des poules ? Vous avez jusqu’au 20 février 2017 pour envoyer le formulaire de demande de licence (obtenez-le en écrivant à agricultureurbaine@gatineau.ca). Des frais de 30 $ accompagneront la délivrance de la licence.

De même, avant de se lancer dans l’apiculture urbaine il faut envoyer un formulaire de demande avant le 15 mars 2017 (obtenez-le en écrivant à agricultureurbaine@gatineau.ca). Besoin d’une formation ? L’organisme Apicentris organise des formations sur l’apiculture. N’hésitez pas à les contacter !