La mise en marché de l’agriculture urbaine franchit un nouveau pas à Montréal !

27 juin 2013 - La semaine prochaine, le Marché Solidaire Frontenac ouvrira un comptoir visant la mise en marché de produits issus de l'agriculture urbaine. 

Si des légumes produits en milieu intra-urbains sont déjà disponibles à Montréal via les initiatives des Fermes Lufa, du Santropol Roulant et de City Farm School, le projet du Marché Frontenac est original puisqu'il permet la mise en marché de produits issus des potagers domestiques.

L’agriculture urbaine au Marché Frontenac : une pratique déjà bien établie  

Cela fait plusieurs années que le Marché Solidaire Frontenac, situé dans le quartier Centre-Sud, intègre l’agriculture urbaine à ses activités. 

Déjà en 2011, le marché a littéralement transformé une ruelle du quartier en jardin potager. Depuis 2012, l’organisme mène également un projet de jardinage en pots (smart pot) auprès des aînés et des personnes à mobilité réduite dans les Tours Frontenac. Ceci en plus de cultiver de l’ail dans une zone périurbaine (Longueuil) située à proximité de ses activités. 

En 2013, le marché continue sur cette lancée en mettant en place un comptoir dédié à la revente des surplus issus des jardins domestiques et des projets d’agriculture urbaine.  


Des légumes contre du « p-oigon »  

À partir du 3 juillet et jusqu’à la fin octobre, les jardinier-ère-s montréalais-e-s pourront apporter leurs surplus de récolte au Marché Frontenac et les échanger contre du « p-oigon », une monnaie d’échange permettant d’acheter d’autres produits sur le marché. 

Les produits devront être frais du jour et produits selon les principes de l’agriculture biologique. Les jardiniers sont invités à contribuer jusqu’à 20 items parmi une liste comprenant aubergines, concombres, tomates, courgettes et poivrons. Les apiculteurs urbains sont également invités à apporter leur miel. 

Les organismes actifs en agriculture urbaine (par exemple les jardins collectifs ou les projets instutionnels) pourront également écouler leurs surplus au Marché. Des ententes pourront être établies au cas par cas entre ces projets et le Marché. « Nous pourrons faire des échanges de service, les payer en « vraie » argent ou trouver un autre arrangement » explique Claudia Atomei, responsable du volet agriculture urbaine. C’est que le projet est dans sa phase pilote et le Marché a l’intention de laisser la relation avec les organismes se définir organiquement.  


Un outil de traçabilité  

Pour assurer la qualité et la provenance « montréalaise » des produits, le Marché a mis sur pied un « outil de traçabilité ». Il s’agit d’un petit questionnaire sur le lieu et les méthodes de culture que les jardinier-ère-s sont invité-e-s à signer. Cet outil permet au Marché de vérifier la provenance, le respect des normes biologiques et l’usage de techniques de production sécuritaires.  

Le Marché n’a donc pas l’intention de devenir une instance de certification mais travaille sur la base d’une relation de confiance avec les jardinier-ère-s. Comme l’affirme Claudia Atomei, bien que cette façon de faire ne fournit pas une assurance absolue « ça permet d’en savoir beaucoup plus sur la provenance de ces aliments que sur la grande majorité des aliments vendus en épicerie ».  

Les jardinier-ère-s seront également invité-e-s à accompagner leur production d’une photo, un autre moyen de rendre plus concret le lien entre consommateur et producteur.  


Un projet unique aux retombées multiples

La volonté de développer l'accès à l'information sur la provenance des aliments vendus au Marché est au cœur de ce projet. Mais le comptoir permettra aussi d’augmenter la diversité du panier alimentaire des jardiner-ère-s et de réduire le gaspillage des denrées issues des jardins montréalais qui survient souvent lors de la période de récolte abondante.  

Selon Claudia Atomei, « le comptoir vise également à donner une visibilité à l’agriculture urbaine et à stimuler la réflexion sur son rôle dans l’approvisionnement de la ville ». Pour les Montréalais-e-s qui aimeraient franchir le pas entre jardinier-ère-s et fermier-ère-s urbain-e-s, le comptoir sera ouvert pendant les heures régulières d’activité du marché : 

Mercredi à vendredi : 14h00-18h30 
Samedi et dimanche : 10h00-16h  

Le Marché solidaire Frontenac est situé sur le parvis du métro Frontenac Pour plus de détails, écoutez cette entrevue diffusée sur les ondes de Radio-Canada