Marci: Fermière urbaine




Avec 10 arbres fruitiers, 5 poules, une ruche abritant jusqu’à 40 000 abeilles et un jardin potager débordant de légumes, c’est une véritable fermette que Marci a développée en plein cœur de la ville. Sa démarche n’est pas sans rappeler la tendance états-unienne du « urban homestead ». Elle démontre qu’il est possible de créer un aménagement alliant maraîchage, production de fruits et élevage, tout en créant un milieu de vie épanouissant pour les citadins et la biodiversité.


Polyculture, culture biologique et plantes vivaces!


Certains principes guident Marci dans l’aménagement de sa fermette : la culture biologique, l’utilisation de plantes vivaces, la diversité des espèces cultivées. Ces principes travaillent en synergie.

L’application des règles de l’agriculture biologique à son jardin permet à Marci de se passer des engrais et pesticides de synthèse. En plus de produire des aliments plus bénéfiques pour la santé de sa famille, cette façon de jardiner réduit l’impact écologique de son jardin (pollution, coûts énergétiques et environnementaux de la production d’intrants de synthèse, etc.) et favorise la prolifération de la biodiversité au sein de son potager.

Les avantages de cultiver des vivaces sont nombreux. À commencer par le fait qu’elles sont économes en « énergie humaine » puisqu’on n’a pas à les ressemer chaque année ni à travailler le sol dans les secteurs où elles poussent. Elles retiennent également mieux les nutriments, préviennent l’érosion (en gardant le sol couvert en permanence), contribuent à structurer le sol et puisent leur eau plus profondément chaque année. Les vivaces permettent finalement d’établir des relations durables de complémentarité entre plantes tout en fournissant à certaines espèces (insectes pollinisateurs, petits animaux) de la nourriture et un habitat tout au long de l’année (ou presque !).

En plus de ses multiples plantes vivaces, Marci cultive une grande diversité de légumes qu’elle replante chaque année. En ce sens on peut dire qu’elle pratique la « polyculture ». Une telle manière de jardiner permet de maximiser l’utilisation de l’espace dans toutes ses dimensions, d’accéder aux ressources du sol dans toute leur diversité et de créer une entraide mutuelle entre plantes complémentaires. Elle s’avère également une tactique astucieuse pour la lutte aux ravageurs en créant une « confusion odorante » par un mélange de plantes et en fournissant un habitat à leurs prédateurs.


Une contribution à la nature en ville

Mais la fermette de Marci n’est pas un lieu exclusivement dédié à l’alimentation humaine. En effet, son aménagement est réfléchi et réalisé dans une perspective de synergie et de complémentarité avec les autres espèces présentes dans l’écosystème urbain.

C’est ainsi, qu’au sein de son havre de verdure, elle a aménagé un petit étang où plusieurs petits animaux, en particulier les oiseaux, viennent s’abreuver. Elle a aussi conçu un mur végétalisé constitué de vignes et de lierre, qui accueille de multiples espèces d’oiseaux. Son jardin est également un vrai « festin floral » pour les insectes pollinisateurs, tels que les abeilles (domestiques et sauvages) et les papillons.

Ceci fait de son terrain un lieu marqué par une biodiversité bien plus grande que le secteur environnant. Ce bénéfice pour l’écosystème urbain en est également un pour sa fermette puisque les insectes pollinisateurs contribuent à l’abondance des récoltes.


L’agriculture urbaine comme pont avec la communauté


Fière de sa petite fermette, Marci invite son voisinage et les groupes scolaires à la visiter. Car pour elle l’agriculture urbaine est un moyen d’aller à la rencontre de sa communauté et de rebrancher tout un voisinage avec la source de son alimentation. Les activités agricoles de Marci dépassent donc largement le périmètre de son jardin!

Elle est à l’origine d’un projet de « plantations comestibles » dans son quartier, une pratique inspirée des Incredible Edible. Ce projet consiste à faire pousser des plantes comestibles dans les endroits publics et d’inviter les passant-e-s et les voisin-e-s à se servir gratuitement. Marci s’implique également au sein du NDG Transition Group et de la Westmount Horticultural Society.


Concevoir et habiter la ville autrement


Cette fermière urbaine accomplie imagine une ville où la production alimentaire serait au cœur de la vie des citoyen-ne-s. Marci est optimiste face au futur de l’agriculture urbaine à Montréal. Visionnaire, elle imagine un futur où l’asphalte et le ciment n’auraient plus une place aussi importante dans les villes, libérant ainsi de l’espace pour faire pousser plus de nourriture.