L’état de santé des abeilles


À l’échelle planétaire, les abeilles sont en danger.  Non seulement cette situation est inquiétante par ce qu’elle nous indique sur la santé de nos écosystèmes, mais également en raison du rôle primordial de cet insecte pour la pollinisation de plusieurs de nos aliments. 

photo Alexandre BeaudoinUn pollinisateur essentiel à notre alimentation ! 

La pollinisation assure la fécondation nécessaire à la reproduction sexuée des plantes à fleurs, un processus indispensable à leur survie. Tout comme le vent et de nombreux insectes, oiseaux et petits mammifères, l’abeille participe à la pollinisation. Son rôle est cependant exceptionnel alors qu’une abeille peut visiter, à elle seule, une moyenne de 700 fleurs par jour. 

On estime qu’environ 80 % des végétaux à fleurs sont ainsi butinés par cet insecte et que le tiers de nos ressources alimentaires dépendent directement de la pollinisation des abeilles. Ce service rendu à l’agriculture est estimé à une valeur de 32 à 78 milliards de dollars canadiens selon le Programment des Nations Unies pour l’environnement. 

Le déclin des abeilles constitue donc un enjeu crucial à la fois pour l’équilibre de nos écosystèmes et pour notre alimentation.

monoculture de maïsSyndrome d'effondrement des colonies 

Le syndrome d’effondrement des colonies (Colony Collapse Disorder) est le terme adopté par les scientifiques pour parler du déclin soudain et massif des colonies d'abeilles dans plusieurs régions du monde. 

Bien qu’il ne soit pas entièrement compris, plusieurs facteurs sont avancés pour expliquer ce phénomène. Il serait notamment attribuable à l’appauvrissement de la diversité végétale, au stress et aux carences nutritives liés à l’utilisation des abeilles pour la pollinisation de monocultures, à l’usage croissant des pesticides et à l’essor d’agents pathogènes. En plus de ces facteurs, les dommages causés par le varroa, un parasite originaire d’Asie, contribueraient à ce phénomène.

Bien que ce syndrome ne soit pas diagnostiqué au Québec, des pertes anormales d’abeilles sont néanmoins observées depuis le début des années 2000.  Malgré ces pertes importantes, le nombre de ruches en activité dans la province a crû de 33 % entre 1998 et 2010, en raison d’une demande croissante des services de pollinisation pour de meilleurs prix. 

Aussi, lorsque l'on parle des problèmes de santé des abeilles on parle davantage d'une dégradation de l'état de santé des colonies que d'une chute du nombre d'abeilles.

L’abeille, sentinelle de l’environnement 

Par son travail de pollinisation, son périmètre d’action et sa sensibilité à l’environnement, l’abeille agit comme baromètre écologique. À ce titre, elle est utilisée dans diverses recherches pour identifier et évaluer les taux de polluants, de biodiversité, de radioactivité et de bactéries présents dans certains écosystèmes. 

Aussi, l'état de santé actuel des abeilles ne devrait-il pas sonner l’alarme dans nos sociétés?